Interview José Moirt : retour sur un procès

José Moirt est avocat, il a logé en 2009 une affaire en cour suprême contre l’Etat Mauricien parce qu’il n’a pas pu exercer son droit de vote aux élections générales mauriciennes depuis l’étranger. Il avait également initié un rassemblement de la diaspora mauricienne avec l’association “Mauritians of the World”.

 

Bonjour José, merci d’avoir accepté cet interview.

Q1 : Tout d’abord, pouvez-vous nous dire un peu plus sur vous ?

José : Je suis marié et père de 3 enfants. Je suis croyant et place ma foi en Jesus Christ. Je me considère comme un citoyen du monde car je crois que l’humanite ne forme qu’un Tout.

Q2 : Nous avons entendu parler de “Mauritians of the World” (MoTW). Quel était le but de cette ONG ?

José : MoTW est une ONG créee pendant mon sejour à Londres . Son objectif était de mobiliser et rassembler les mauriciens à travers le monde car nous sommes un peuple unique – avec nos qualités et nos défauts – mais tous etroitement et affectivement liés a un petit bout de terre dans l’Ocean Indien avec une histoire, une langue, des traditions et des habitudes de vie.

Q3 : Pourquoi avoir porté une affaire en cour suprême contre l’État en 2009 ?

José : Nous avons tous un devoir de protéger notre patrie car en verité c’est notre bien le plus précieux. Pour la protéger, nous avons le devoir de veiller à ce que son avenir et donc son développement se fasse pour le bien de tous. Dans une democratie l’outil par excellence c’est le droit de vote. Toutefois la grande majorite des mauriciens qui se trouve en dehors du territoire mauricien ne peuvent pas voter au moment des elections; seul les employés du gouvernement peuvent voter de l’étranger . Dans mon cas personnel, j’étais enregistré depuis 25 ans dans la circonscription où j’ai voté à de nombreuses reprises. Devant me déplacer régulièrement à l’étranger pour le travail, je n’aurais pas pu voter pour les élections générales de 2010. J’ai donc logé une plainte car je n’avais aucun moyen d’exercer mon droit fondamental de vote. Malheureusement, avant que l’affaire puisse etre entendue, je suis rentré vivre à Maurice et j’ai du retirer ma plainte, à contre coeur.

Q4 : Pouvez-nous dire plus précisement pourquoi, selon vous, le fait de ne pas pu avoir voté aux élections générales de 2010 est contraire à notre constitution ?

José : La plainte se construit principalement autour de la section 44 et la section 1 de la constitution. En l’occurence j’étais enregistré dans une criconscription, dans laquelle j’avais voté à de nombreuses reprises. En 2009, j’étais au moment des élections à Londres pour des raisons professionnelles. En vertu de la section 44 et de la section 1, il m’aparraissait nécéssaire que l’etat puisse proposer aux concitoyens enregistré dans une circonscription une possibilité de voter par proxy.

Rappel 
Section 1 
Maurice est un État souverain et démocratique dénommé République de Maurice.

Section 44 
1. Toute personne inscrite comme électeur dans une circonscription peut voter de la manière prescrite pour toute élection dans cette circonscription, à moins qu'elle ne soit privée du droit de vote par une loi en vigueur à Maurice :

a) si elle est Directeur de scrutin [Returning Officer] dans la circonscription ;

b) si elle a été concernée par une infraction relative à des élections :

Étant entendu que nul ne pourra voter si, à la date prévue pour le vote, il est légalement emprisonné ou (à moins qu'il ne soit prescrit autrement) il est pour une raison quelconque empêché de se rendre en personne à l'endroit et à l'heure prescrits pour le vote.

Q5 : On parle de 200 000 voire 300 000 mauriciens à l’étranger. Les ressortissants mauriciens peuvent investir, amener des compétences acquises à l’étranger et être les ambassadeurs de leur pays dans le monde. Il y a bien eu le “diaspora scheme” mis en place en 2015 mais jusqu’à l’heure aucun chiffre ou estimation officielle du gouvernement sur le nombre de mauriciens à l’étranger, bizarre non ?

José : Honnetement, je crois que c’est voulu ainsi. Cette strategie qui consiste à ne pas donner la possibilite aux mauriciens à l’etranger de voter est bien calculée pour avoir un maximum de contrôle sur les élections. Les politiciens savent qu’ils ne pourront pas controler ceux qui sont a l’etranger avec leurs tempos, briani et autres. Le fameux “diaspora scheme” n’est qu’un leurre pour faire croire que le pays pense à eux – sinon pourquoi ne pas employer des mauriciens à l’etranger comme ambassadeurs ou représentant commerciaux mais employer des etrangers. Il n y pas de meilleur representant qu’un mauricien a mon humble avis.

Q5 : Que pourrait faire selon vous le gouvernement mauricien pour entretenir un lien économique et culturel fort avec ces ressortissants à travers le monde ? Finalement, êtes-vous pour le droit de vote des mauriciens résidant à l’étranger ?

José : Leur donner un statut spécial, les recruter pour servir le pays la ou ils sont. Imaginer l’impact que Maurice pourra avoir dans le monde si tous ces ressortissants se mettent à travailler pour le pays. Depuis que j’ai fait le CPE j’ai appris que la population mauricienne est de 1.2 millions d’habitants et c’est toujours le cas aujourd’hui. C’est pour cela que je millite pour le droit de vote des mauriciens a l’etranger car ils sont en mesure d’apporter une contribution significative dans plusieurs domaines tels que le tourisme et l’éducation entre autres.

Q6 : Dans la période pendant laquelle vous étiez souvent à l’étranger, qu’est ce qui vous manquez le plus de l’Ile Maurice ?

José : Nos habitudes de vie, visiter des proches et amis pour un bon repas ou un petit verre avec des gadjaks et le séga. Mais aussi écouter et danser un séga à Londres n’est pas la meme chose qu’à Maurice !

Q7 : Votre séga préférée ?

ici cot nu ete de Cassiya !

Nous terminons sur un petit message que vous souhaitiez adresser aux mauriciens, merci José pour votre temps.

 

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